Dans la réserve naturelle de l'estuaire de Seine, les oiseaux migrateurs continuent d'être tirés avec la complaisance de la préfecture alors que la chasse est officiellement fermée depuis le 1er février. La LPO s'indigne de cette situation de non droit et de cette absence manifeste de volonté d'agir.
Les chasseurs de gibier d'eau de la Baie de Seine ont annoncé avec fracas sur le site www.chasse-en-baie-de-seine.com et sur le forum de l'ACDPM de la Baie de Seine qu'ils braconneraient les oiseaux d'eau jusqu'au 28 février en dépit de l'interdiction formelle, issue de l'accord chasse du 14/01/2010 et l'arrêté ministériel du 19 janvier 2009 modifié, de chasser les canards, rallidés et limicoles après le 31 janvier et les oies après le 10 février.
Tous les observateurs de la LPO Haute-Normandie ont pu constater, jour après jour, nuit après nuit, que les braconniers tuent des centaines d'oiseaux migrateurs dans la réserve naturelle de l'estuaire de Seine à partir de leurs gabions en toute illégalité. Déjà après le 31 janvier, de nombreux témoins ont observé que les chasseurs continuaient à utiliser leurs appelants de colverts pour la chasse au gabion alors que les canards et notamment le colvert étaient fermés depuis le 31 janvier.
Le 15 janvier déjà, à l'occasion de la vague de froid nationale, la LPO Haute-Normandie a alerté Monsieur le Préfet CARON sur le braconnage récurrent dans la réserve naturelle sans entraîner de sa part la moindre réaction. Puis, depuis le 31/01, de nombreuses interventions ont été effectuées auprès du préfet pour exiger l'intervention de l'Etat, sans succès.
Ce laxisme ne conduit qu'à une chose : renforcer le sentiment d'impunité des braconniers et, en conséquence, augmenter leur nombre sur la zone. L'estuaire de Seine, victime par ailleurs de multiples problèmes écologiques, n'a pas besoin de supporter en plus un braconnage « toléré » à grande échelle où les oiseaux migrateurs qui ont survécu à une chasse intensive, continuent d'être tués alors qu'ils devraient être protégés.
L'année 2010 de la biodiversité ne serait-elle, en région normande, qu'un... « coup de fusil dans l'eau » ?
La LPO exige donc la fin de ces tirs inadmissibles qui font de l'estuaire de Seine une zone de non droit, un nouveau « Médoc », où la protection de la biodiversité est bafouée par une minorité de délinquants de la nature sous le regard bienveillant des services de l'Etat.
Allain Bougrain Dubourg Président de la LPO
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